Ce site a démarré en avril 2017 avec un article un peu naïf où je me fixais des objectifs pour l’année. Presque dix ans plus tard, la question que je reçois le plus n’a pas changé d’un mot : « Je veux apprendre le japonais, mais par où je commence ? »
Alors j’ai remplacé mes objectifs personnels par ce qui te sera vraiment utile : l’ordre exact dans lequel attaquer, ce qu’il faut soigneusement ignorer au début, et un challenge de 30 jours pour franchir le cap des trois semaines, celui où presque tout le monde abandonne.
Par où commencer le japonais : l’ordre qui fonctionne
Le japonais n’est pas difficile. Il est inhabituel, ce qui n’est pas la même chose. Le vrai risque du débutant n’est pas la complexité, c’est de tout attaquer en même temps et de se noyer.
Voici l’ordre que je fais suivre à tous mes élèves.
Étape 1 : les hiragana (10 à 14 jours)
Les hiragana sont l’alphabet de base du japonais : 46 signes qui notent des sons, exactement comme nos lettres. Une fois qu’ils sont acquis, tu peux lire à voix haute n’importe quel mot japonais écrit en hiragana, même sans le comprendre. C’est le premier vrai déclic.
Compte deux semaines à raison de quinze minutes par jour. Pas plus, et surtout pas moins.
Étape 2 : les katakana (une semaine)
Même principe, mêmes sons, autre dessin. Les katakana servent aux mots venus de l’étranger, et il y en a partout : メニュー (menu), コーヒー (café), フランス (France). Au Japon, savoir lire les katakana te permet de déchiffrer la moitié des cartes de restaurant.
Ils s’apprennent plus vite que les hiragana, parce que tu connais déjà les sons.
Étape 3 : tes cinquante premiers mots
Pas cinq cents. Cinquante. Choisis-les utiles et concrets : les salutations, les nombres, quelques verbes du quotidien, la nourriture, les lieux.
Si tu veux une base toute prête, j’ai réuni les 25 mots japonais essentiels du quotidien.
Étape 4 : la phrase de base
Là, tu construis ta première phrase, et tu découvres que la grammaire japonaise est bien plus régulière que la nôtre. Le squelette est toujours le même : A は B です.
Deux cours suffisent pour tenir cette étape : la particule は et です (desu).
Étape 5 : les kanji, mais plus tard
Les kanji sont la raison numéro un des abandons, parce que les débutants s’y jettent en premier. C’est une erreur de calendrier : un kanji isolé ne sert à rien, il ne prend son sens qu’à l’intérieur d’un mot que tu connais déjà.
Attends d’avoir cent ou deux cents mots en tête, puis apprends les kanji par les mots, jamais par listes de traits. Pour comprendre comment ils fonctionnent avant de t’y mettre, lis les lectures on’yomi et kun’yomi des kanji, puis apprendre les kanji avec des histoires.
Le challenge des 30 premiers jours
Voici le programme. Quinze minutes par jour, tous les jours. Si tu tiens ces trente jours, tu as passé le cap le plus difficile de tout ton apprentissage.
| Semaine | Objectif | Comment |
|---|---|---|
| Semaine 1 | Hiragana あ à と (25 signes) | 5 signes par jour, à l’écrit, puis relecture le soir |
| Semaine 2 | Hiragana な à ん + révision complète | Même rythme, puis lire à voix haute des mots simples |
| Semaine 3 | Katakana + 25 premiers mots | Les katakana le matin, les mots dans les transports |
| Semaine 4 | A は B です + 25 mots de plus | Une phrase écrite par jour, à voix haute |
Le trentième jour, teste-toi honnêtement :
- Sais-tu lire こんにちは sans hésiter ?
- Sais-tu écrire ton prénom en katakana ?
- Sais-tu te présenter avec 私は〜です ?
Si oui, tu n’es plus débutant complet. Tu es un débutant qui avance, et la différence est énorme.
Les quatre erreurs qui font abandonner
1. Vouloir tout comprendre tout de suite. Le japonais s’apprend par couches. Tu vas d’abord accepter une règle simplifiée, puis découvrir la nuance six mois plus tard. C’est normal, c’est même souhaitable.
2. Confondre motivation et régularité. La motivation est un pic, elle retombe toujours. Ce qui tient dans la durée, c’est une habitude minuscule et automatique. J’ai écrit un article entier là-dessus : apprendre le japonais au quotidien.
3. Empiler les ressources. Trois applications, deux manuels, une chaîne YouTube et un cahier d’exercices, c’est le meilleur moyen de ne rien terminer. Une ressource principale, une seule, et tu la finis.
4. Ne jamais parler à voix haute. Le japonais est une langue rythmique. Si tu ne le prononces jamais, tu construis une compréhension muette qui ne te servira pas devant un vrai Japonais. Lis à voix haute dès les hiragana.
Ce dont tu n’as PAS besoin au début
- Un professeur particulier. Utile plus tard, superflu pour les kana.
- Le JLPT. L’examen viendra si tu en as l’usage. Ce n’est pas un objectif d’apprentissage, c’est une certification.
- Les 2136 kanji courants. Au bout d’un mois, zéro kanji est un score parfaitement acceptable.
- Un séjour au Japon. Sympathique, mais tu apprendras davantage en trente jours réguliers chez toi qu’en deux semaines de vacances.
- Un « don pour les langues ». Je n’ai jamais rencontré d’élève qui n’y arrivait pas. J’en ai rencontré beaucoup qui s’arrêtaient à la troisième semaine.
Et ensuite ?
Une fois les trente jours passés, la suite s’écrit presque toute seule : tu élargis ton vocabulaire, tu ajoutes les particules une par une, tu commences les verbes, puis les kanji par paquets de dix.
À toi de jouer !
Quatre questions sur la méthode : l’ordre des étapes, les deux raccourcis qui coûtent cher, et la règle qui fait tenir trente jours.
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Remets les cinq étapes dans l’ordre
Le chemin du débutant, de la première semaine jusqu’aux kanji.
Clique les mots dans le bon ordreL’ordre n’a rien de décoratif : chaque étape rend la suivante possible. Les hiragana d’abord, parce qu’ils portent la grammaire et les furigana. Les katakana ensuite, deux fois plus vite puisque les sons sont déjà acquis. Le vocabulaire avant la grammaire, parce qu’une règle sans mots ne se pratique pas. Et les kanji en dernier, quand tu as enfin des mots où les accrocher. L’erreur classique consiste à commencer par la fin.
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« Je passerai aux kana plus tard, le rōmaji ira plus vite. » Pourquoi est-ce un mauvais calcul ?
Le rōmaji te fait lire le japonais avec les habitudes du français, et ces habitudes-là se logent dans l’oreille bien plus vite qu’on ne les déloge. Il existe pourtant bel et bien au Japon, sur les panneaux et dans les gares, et il note très bien les particules. Le problème n’est pas ce qu’il écrit, c’est ce qu’il t’évite d’apprendre. Deux semaines de hiragana coûtent moins cher que six mois de mauvais réflexes.
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Au trentième jour du challenge, combien de kanji dois-tu connaître ?
Un kanji isolé ne veut rien dire tant que tu ne connais pas le mot dans lequel il vit : l’apprendre en premier revient à mémoriser un dessin sans emploi, et c’est la première cause d’abandon. Attends d’avoir cent ou deux cents mots en tête, puis attaque les kanji par les mots. Au bout d’un mois, ce qu’on te demande, c’est de lire こんにちは sans hésiter, pas de tracer un caractère à vingt traits.
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Tu as raté un jour du challenge. Que dit la règle ?
Le seul indicateur qui compte, c’est le nombre de jours consécutifs, pas le nombre de minutes. Doubler la séance transforme l’habitude en dette, et repartir de zéro décourage pour de bon : deux façons différentes d’arrêter. Les jours sans énergie, tu relis cinq hiragana en trois minutes et la chaîne tient. C’est elle, et elle seule, qui te fera passer la troisième semaine.
Questions fréquentes
Par où commencer pour apprendre le japonais quand on est débutant ?
Par les hiragana, toujours. Ce sont les 46 signes de base qui notent les sons de la langue, et ils s’apprennent en dix à quatorze jours à raison de quinze minutes par jour. Ensuite viennent les katakana, puis une cinquantaine de mots courants, puis la structure de phrase A は B です. Les kanji arrivent en dernier.
Combien de temps faut-il pour apprendre le japonais ?
Pour tenir une conversation simple, compte six mois à un an à raison de quinze à trente minutes par jour. Pour le niveau JLPT N5, environ 150 heures d’étude. Le paramètre décisif n’est pas le temps total, c’est la régularité : quinze minutes tous les jours battent trois heures le dimanche.
Faut-il apprendre les kanji dès le début ?
Non, et c’est l’erreur la plus coûteuse du débutant. Un kanji n’a de sens qu’à l’intérieur d’un mot que tu connais déjà. Commence par les kana et par du vocabulaire, puis apprends les kanji à travers les mots, une fois que tu en as cent ou deux cents en tête.
Le japonais est-il vraiment difficile pour un francophone ?
Il est inhabituel plus que difficile. La prononciation est simple pour nous, la grammaire est très régulière et il n’y a ni genre, ni pluriel, ni conjugaison selon la personne. La vraie difficulté est l’écriture, et elle se règle avec du temps et de la méthode, pas avec du talent.
Commencer aujourd’hui, gratuitement
Si tu veux passer la première étape accompagné plutôt que seul, j’ai monté un cours d’initiation au japonais gratuit d’une heure. On y pose les kana, la prononciation et ta première phrase, exactement dans l’ordre décrit plus haut. Sans engagement, et sans jargon.
はじめまして, et bon courage. またね !
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